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La vie kesselienne d’Hubert Bouccara


Si Hubert Bouccara  a appelé sa librairie la Rose de Java, c’est  en hommage à Joseph Kessel qui lui offrit le manuscrit original de son roman. Plus qu’un ami, il fut celui qui transforma ses jeunes années en grande aventure.
Hubert Bouccara a ouvert la Rose de Java, rue Campagne Première, il y a 10 ans en hommage à son ami Joseph Kessel. Malgré leur différence d’âge, il fut en effet  un proche  de l’écrivain jusqu’à la fin de la vie de ce dernier. Lui l’appelait "Jef" et Kessel parlait toujours de lui en disant "le gamin".

Pour faire la connaissance de celui qui était déjà son idole, Hubert eut recours à un stratagème. "Très jeune, j’avais dévoré ses livres et noté dans des carnets tout ce que je discernais d’autobiographique. A 16 ans je suis allé déposer ces carnets à l’Académie française en demandant qu’on les lui remette.  Intrigué, il m’a téléphoné pour savoir ce que je voulais. Simplement vous rencontrer et discuter ai-je répondu". Une première rencontre suivie par bien d’autres. "Un an plus tard, après que je l’ai présenté à mes parents, il m’a emmené découvrir New York pour mes 17 ans".

Difficile de se plonger dans l’œuvre de Kessel sans attraper le virus du voyage. Celui qui faisait rêver Hubert, c’était de partir à la rencontre des indiens d’Amérique du Sud. « Quand j’en ai parlé à Jef, il m’a écouté attentivement. Si ton projet est vraiment sérieux met de l’argent de coté, je doublerais la mise ».  C’est ainsi qu’à 19 ans, Hubert reprend la route des Amériques en s’engageant comme mousse sur un cargo.
Débarqué à New York, sac à l’épaule et parlant juste quelques mots d’anglais, il est emmené dès le premier jour au poste de police.  "Là-bas, j’ai expliqué à un lieutenant parlant français que j’étais un ami de Joseph Kessel et que je voulais me rendre à Lima. Me prenant pour un fou Il  a téléphoné pour vérifier. Il a failli tomber de sa chaise quand il en a eu la confirmation".  S’en suit un long périple à travers les Etats-Unis et l’Amérique centrale jusqu’au Pérou où il passe 5 mois dans un village aymara invité dans la maison du sorcier du village. "Un monde totalement étranger, rude, sans repère mais où j’étais compris sans avoir besoin d’échanger un mot".

Il songe alors à retourner en Europe, mais faute de trouver un embarquement à New York, il poursuit sa route jusqu’au labrador. Nouvelle rencontre insolite avec un trappeur qui, avec son petit avion, faisait des rotations jusqu’en Norvège en passant par le Groenland et le Spitsberg. "Après des semaines d’insistance, il a accepté de m’emmener mais m’a mis en garde : tu ne sais pas ce que c’est d’avoir froid". La peau enduite de graisse de phoque, ils affrontent des températures de – 50°.  Quand au terme de 2 ans de voyage, il sonne à la porte familiale, il faudra de longues secondes à sa mère pour le reconnaitre. Et bien sûr à l’arrivée, il y a Jef, trépignant d’entendre l’histoire. « Nous sommes allés dans une brasserie et quand il a eu tous les détails, il m’a dit qu’il était fier de moi».

Des grands voyages il y’en aura d’autres. Avec un ami, il fait Paris-Pékin aller-retour en voiture, "le périple de la croisière jaune, mais dans une Simca !". Plus tard, ils partiront autour du monde en bateau en passant par le mythique Cap Horn. Puis ce sera l’Australie comme gardien de troupeau et pour finir l’Asie centrale en visitant Boukhara, la ville dont il porte le nom !

"Aujourd’hui, je ne vais jamais plus loin que le Lot mais je n’ai pas de regret, j’ai fait ce que j’avais envie de faire".

A coté des voyages, il y eut les rencontres. "A travers Kessel, j’ai eu la chance de côtoyer dans l’intimité des personnages incroyables : Yves Courrière, Chagall, Brassens, Ferret, Audiard, Barbara, Gabin et tant d’autres. De l’année où j’ai rencontré Jef en 1968 jusqu’à sa mort en 1979, j’ai eu l’impression de vivre dans un rêve ou un conte de fée."
Si vous passez rue Campagne Première, poussez la porte de la Rose de Java. Vous y trouverez toute l’œuvre de Kessel, même dans les éditions les plus rares et toute la littérature de voyage et d’aventure. Mais surtout, vous aurez peut-être le plaisir d’entendre Hubert vous distiller certains de ses si nombreux souvenirs. Attendez-vous à un beau voyage !

Librairie La Rose de Java. 11, rue Campagne Première
Littérature Générale - Voyages – Aventures - Reportages - Régionalisme - Ethnologie
Ouvert du Mardi au vendredi de 11h h à 18h30
Le samedi et le lundi uniquement sur rendez-vous
Tel 01 43 20 55 30 / 09 50 31 57 00

Email : larosedejava@gmail.com



 
 

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